L’entrée en 6ème

 

cm2.6eme-150x150Une question récurrente des parents est l’entrée en sixième. Comment mon enfant va-t-il s’adapter ? Va-t-il suivre ? Aux premières réunions et à celle de samedi également, j’ai répondu dans la perspective que l’école Nectarine s’arrêterait à onze ans.

Un enfant qui entre en 6ème et qui vient d’une école classique est lui aussi désarçonné ; un enfant va traverser des changements. Quand on fait croire au Père Noël à un enfant, on ne s’inquiète pas tellement du changement que cela va être un Noël sans Père Noël. Un enfant qui aura appris à être autonome, qui aura confiance en lui sera capable d’affronter des changements.

Mais pourquoi l’enfant ne pourrait-il pas rester tout simplement à Nectarine ? Est-il nécessaire de créer un collège de trois cent élèves, avec un professeur pour chaque matière ? (et là j’entends la petite voix de la conseillère pédagogique qui résonne dans ma tête, on ne dit pas « matière » mais « discipline ») Est-ce que des enfants ou adolescents ont besoin d’être confinés dans un établissement avec des jeunes du même âge, qu’une sonnerie à chaque heure leur indique qu’ils doivent changer de salle ?

Mais ne sera-t-il pas surprotégé ? Me demande-t-on alors.

A Nectarine, il y aura des désaccords, des tensions, de l’agressivité, comme dans toute société. Vingt êtres humains dans un même lieu, vingt être humains différents, de différents âges, nationalités et personnalités. Simplement, les moyens de parvenir à régler ces conflits seront différents. Est-il nécessaire de vivre du bizutage, de se faire insulter, taper dessus ou autre pour grandir ?

Surprotégé, n’est-ce pas plutôt être empêché de prendre des risques ? A Nectarine, ils seront encouragés à prendre des risques, à assumer les conséquences de leurs projets, à faire des choix (budgétaires même!) Les enfants pourront manier des outils s’ils en sont capables. L’école sera ouverte à des intervenants et à des volontaires étrangers, des rencontres avec d’autres structures (maisons de retraite, crèches, associations,..) seront possibles. Passer une grande partie de son enfance à étudier, à apprendre par coeur, n’est-ce pas une forme de surprotection ? Je me souviendrais toujours de cet enfant de CE2 si inquiet parce que la date avait été écrite d’une couleur différente par la remplaçante de la maitresse.

Il existe cependant un problème de normes. Je n’aurai pas le droit de laisser des enfants aller à la Poste à neuf ans tout seuls ou même au supermarché à côté, car ils sont sous ma surveillance. Je ne sais pas si les familles les laisseront aller à pied à l’école tous seuls à huit ans, si elles les autorisent à grimper aux arbres. Je sais qu’elles souhaitent le meilleur pour leurs enfants. Et je suis persuadée que cela passe par une confiance en eux.

 

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