Tout un village pour élever un enfant

Une chose étrange dans notre société actuelle est le cloisonnement entre les âges.

Les bébés vont dans deEnfant-adultes crèches, les personnes âgées en maison de retraite, les enfants dans les écoles. Dans les mariages, les enfants sont gardés par une baby-sitter, les bébés sont priés de ne pas être là.

Les enfants qui n’ont pas leurs grands-parents, oncles et tantes à proximité ont peu de relations avec des adultes hormis leurs parents et la maitresse. Certains enfants ont d’ailleurs intégré ce cloisonnement et à l’adolescence, considèrent que les adultes sont des ennemis. Certains adultes eux-mêmes ne savent pas très bien comment parler aux enfants, à part leur demander maladroitement en quelle classe ils sont, et s’ils travaillent bien à l’école.

Les enfants ne savent pas très bien ce que font les adultes surtout quand ces derniers passent leur temps devant un écran. Les enfants qui passent dix heures par jour avec d’autres enfants du même âge qu’eux ont peu la possibilité d’observer des adultes ou même des plus grands, les adultes ont également peu la possibilité de transmettre.

Tout repose donc sur la maitresse et les parents ; c’est la maitresse qui doit tout transmettre mais les enfants ne la voient qu’écrire au tableau, parler et corriger. Les parents de leur côté essaient mais ont peu de temps.

Voir avant-hier toute ma famille de dix-huit mois à quatre-vingt ans sur la plage construire des châteaux de sable, l’un cherchant des coquillages pour la tour, l’autre construisant une muraille, les voir discuter et rire m’a fait prendre conscience de ce que les enfants apprennent dans ces moments-là.
A Nectarine, je souhaite que des retraités viennent jouer avec les enfants à des jeux de société, s’ils aiment danser, danser avec eux, s’ils aiment bricoler, le faire avec eux, s’ils aiment les Fables de la Fontaine, les lire avec eux. Je souhaite que des enfants et des adultes très différents fassent connaissance, des enfants et des adultes qui parlent différentes langues, de différentes cultures, de différents pays, avec des passions, des vocations ou des occupations très différentes.

Il faut tout un village pour élever un enfant, dit un proverbe africain. Les villages aujourd’hui sont devenus des villes ou n’ont plus d’enfants. Partout, des parents se sentent seuls ; des enfants aussi.

Certains parents ont peur qu’une école comme Nectarine fabriquent des enfants un peu perdus, qui n’auront pas une bonne place dans la société, qui auront vécu dans une bulle. Je suis pourtant persuadée que des enfants qui auront côtoyé des personnes très différentes, et pas seulement des enfants de leur âge, qui auront expérimenté des activités très différentes, qui auront été responsabilisés concernant leurs choix, leurs attitudes et les conséquences sur la vie de l’école sauront s’adapter et trouver les ressources pour devenir indépendants, attentifs et ouverts aux autres, qu’ils choisissent d’être avocats, contremaitres ou fleuristes.

Posté dans école, Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Abonnez-vous à notre newsletter

Catégories