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Semaine 9 – Des échecs, des langues et des arts

Cette semaine, la passion des échecs a commencé à se propager. Alors que jusqu’à présent, les grands apprenaient une fois par semaine dans la salle calme avec un adulte, l’échiquier s’est retrouvé au milieu de la salle principale. Même les plus jeunes voulaient apprendre. Notre retraitée bénévole a continué d’ enseigner des coups, Annerieke a fait quelques parties avecimg_20161115_094723 les plus grands, puis ils ont pris le relais en jouant seuls, en apprenant ce qu’ils savent aux plus petits…

img_20161118_105007La maman d’O. est venue proposer un petit atelier musical, a également fait de l’espagnol, permettant ainsi que les enfants volontaires en bénéficient toutes les semaines. Annerieke a montré quelques rudiments de tennis ce qui a eu beaucoup de succès.

Nous avons commencé à apprendre une nouvelle chanson en anglais « LITTLE SNOWFLAKE » et à défaut de neige, nous avons beaucoup joué sous la pluie ! Nous commençons à bien comprendre comment se servir de l’argile, la façon dont elle se rétracte, comment on la colle (« Vous savez ce qu’est la barbotine, vous ? »)

Les enfants qui ont des correspondants ont souhaité répondre aux lettres qu’ils avaient reçues, soit à l’ordinateur soit à la main. Ainsi O. 4 ans a voulu écrire une phrase img_20161115_102507d’une couleur différente et M. 6 ans s’est entrainé à écrire les yeux fermés (Est-il réellement possible de mieux écrire les yeux fermés qu’ouverts ? Il semblerait que pour lui ce soit le cas !) mais aussi en lettres Minecraft (nous ne pouvons pas en dire plus, ignorant tout de ce jeu) ce qui a donné une lettre proche du calligramme !

Nous avons aussi choisi quelle reproduction d’art mettre dans la salle de repos. Il s’agit de « Tulitulipe-hollande-monnetpes de Hollande » de Monnet. Le choix a été un peu difficile car les enfants, entre les virus et autres, n’étaient pas tous là en même temps et certains n’ont pu être consultés pour le vote ; enfin il fallait que la reproduction puisse être commandée.

On nous a donné un coffret d’expériences qui a suscité un grand intcest-pas-sorcierérêt, Léa avec quelques enfants a tenté l’expérience du soleil couchant, la couleur n’était pas tout à fait la bonne mais c’est un début.

Vendredi, nous avons fêté l’anniversaire de M. désormais 5 ans (et plus « presque » 5 ans) puis nous avons tous nettoyé la classe en musique. Nous avons également discuté du départ dans l’espace de Thomas Pesquet et du nectarinier à planter dans le jardin de l’école.
La semaine prochaine, l’animatrice de la maison de retraite voisine vient nous voir pour discuter des échanges qu’on pourrait faire ensemble et nous allons entre-autres commencer à écrire nos cartes de voeux pour le marché de Noël, dès que le papier recyclé sera arrivé.




Semaine n°6

Cette semaine était un peu particulière car à la fois nous accueillions des enfants de l’extérieur et en même temps, d’autres habituellement présents étaient partis en vacances. La réunion du lundi nous a permis de prendre les propositions de chacun, qui se sont avérées particulièrement gourmandes : tarte au chocolat, gâteau au chocolat, sucettes, petits sablés, …Nous ne sommes pas équipés pour transformer l’école en pâtisserie  ! Nous avons donc suggéré de cuisiner deux fois dans la semaine. G.6 ans et demi a proposé de fabriquer de la pâte à modeler et Léa, 19 ans  des balles de jonglage. Deux grands succès de la semaine.

Des séances d’apprentissage de la lecture ont eu lieu quotidiennement à la demande des enfants de 4 à 7 ans qui voulaient parvenir à lire une petite histoire seuls. Tous les jours également pendant une bonne heure, nous avons chanté et dansé en anglais, plein d’enthousiasme. Les sabliers (30 secondes, 1 minute, 3 minutes, 10 minutes) sont maintenant utilisés spontanément par les enfants qui vont les chercher pour régler leurs conflits. « Je finis d’utiliser la pelle et quand le sablier s’est écoulé, c’est à toi ? »

Nous avons poursuivi les projets de la semaine précédente : nos cerfs-volants notamment. Certains de nos « petits habitués » partis en vacances nous ont fait de gentils signes (Merci à K. pour sa carte postale et à M. Pour son appel téléphonique)

 




Semaine n°4

img_20161014_105818Notre quatrième semaine a commencé sous des cieux cléments et s’est achevée par un vrai temps d’automne ! Cela ne nous a pas empêché de jouer dehors ce vendredi, les enfants inventant tous ensemble une histoire de radeau posé sur les flaques.

La ludomicile nous a livré dix jeux : les grands se sont enthousiasmés pour un jeu de logique de type labyrinthe, nous avons joué à un jeu sur le système solaire et un jeu de 7 familles historique (de l’Antiquité aux Capétiens)
Lors de la réunion de lundi, K. 7 ans ½ a apporté des silex trouvés par son papa et lui-même. Ce fut l’occasion de feuilleter lespierresjpg pages de notre livre sur les pierres et de parler des caractéristiques des silex et quartz.
La belle initiative de K. a donné à Marina l’idée d’apporter ses propres « trésors »
minéraux : Agathe, Améthyste, Apophylite, Grenat, Labradorite et œil du Tigre.

Les enfants étaient contents de pouvoir toucher, découvrir les pierres et leurs provenances à l’aide de la carte du monde affichée sur un mur de la classe.
reunion-messages

Jeudi, nous avons  découvert les messages écrits par chacun. K. 7 ans ½ a lu le magnifique poème « Chanson d’Automne » de Paul Verlaine. Adélaïde qui l’avait choisi, a expliqué aux enfants que la première strophe avait été utilisée par Radio Londres le 5 juin 1944 à 21 h 15 pour signaler l’arrivée du débarquement allié en Normandie.

Lors de notre réunion du vendredi, où on s’attache à célébrer le positif, Adelaïde a remercié tous les enfants individuellement, pour leurs gestes ou attentions délicates de la semaine. Nous avons ensuite parlé de l’importance de formuler ses besoins et émotions à la première personne du singulier (CNV).

Vendredi, c’était les 3img_20161014_122922 ans d’E., petits et grands ont préparé des dessins, certains ont écrit aussi et les plus jeunes ont participé à la confection d’un bon gros gâteau au chocolat.

Cette semaine, nous avons aussi eu, entre-autres une grande discussion sur la radioactivité, de Marie Curie à l’électricité dans nos maisons, lu de la philosophie, fabriqué des petits animaux en mousse et bien sûr chanté et fait de nombreux jeux en anglais.

La maman d’A. est venue donner un cours d’espagnol à la demande d’un enfant et d’autres ont participé avec joie.

img_20161014_154843Nous avons également la chance d’avoir une volontaire retraitée pour apprendre les échecs aux enfants. Vendredi c’était la première fois qu’elle venait. Bravo à O. et M,  4 ans ½ et presque 5 ans, pour leur motivation et à K. 7 ans ½ pour sa concentration. Merci beaucoup à la maman de L. qui a lu des histoires aux plus jeunes pendant que les grands apprenaient les échecs dans la pièce de repos.

 




Semaine n°3

Cette semaine, un engouement pour les volcans s’est propagé parmi les enfants.

En se promenant dans la classe, on pouvait entendre : « regarde cette éruption et ces coulées de lave ! » Et toi, regarde ma chambre magmatique !  »

Un diaporama sur cette vulcanomania :

La semaine fut riche aussi en autres activités, découvertes, jeux, apprentissages…

Alors un deuxième diaporama s’impose !

Vendredi nous avons eu notre réunion journalière.  Nous avons discuté de la future décoration de la salle de repos, afin qu’elle soit un endroit accueillant où il est possible de venir quand on en ressent le besoin. Des étoiles ! Une lune !  La reproduction d’un tableau : les enfants ont eu de nombreuses idées. Adélaide souhaiterait y mettre un fauteuil ou un petit canapé…A suivre !

K. nous a donné le montant du budget qu’il restait après l’achat des ingrédients pour l’élaboration du gâteau en forme de volcan et nous avons évoqué de futurs achats.

Nous avons récemment accueilli deux garçons, A, 8 ans et G, 6 ans. Welcome to them !

 

 




L’orthographe et la grammaire

Lors d’une réunion de présentation de l’école, une maman m’a demandé : « Mais comment cela va-t-il se passer pour l’orthographe et la grammaire ? S’ils n’ont pas de leçons obligatoires ? Moi, par exemple, c’est mon instituteur de CM1-CM2 qui m’a fait rattraper tout mon retard et c’est grâce à lui que j’ai une bonne orthographe. Je n’imagine pas que des enfants aient envie par eux-mêmes de faire de la grammaire »

Je voudrais répondre plus longuement à son interrogation.

dessin-enfantTout d’abord parce que j’ai du mal à vous dire « cela viendra tout seul » ou encore argumenter par l’échec : « Oh vous savez, plus aucun jeune ne sait écrire sans erreurs, voyez le nombre d’ingénieurs, de cadres ou de doctorants qui rédigent des emails remplis de fautes » De plus, un texte bourré de fautes d’orthographe m’écorche les yeux et m’empêche réellement de l’apprécier.

Cependant, est-ce que les quinze heures de français par semaine, la dictée quotidienne, les mauvaises notes, les corrections en rouge avec les points d’exclamation dans la marge et les exercices de grammaire sur les propositions subordonnées relatives de lieu sont nécessaires à une bonne maitrise de l’orthographe française ? Je crois que non. Vais-je vous proposer à la place une autre méthode couplée d’une garantie que votre enfant écrira sans aucunes fautes à l’âge de dix ans ? Non plus. Là oui, je vous déçois un peu et vous devez vous demander ce que j’ai en tête. Une grande réforme de l’orthographe pour qu’elle soit aussi simple que l’orthographe finlandaise ? J’aimerais bien mais cela n’est pas de mon ressort.

Je propose d’accompagner les enfants. Je propose qu’ils écrivent, qu’ils lisent, qu’ils écrivent encore. Quand ils se sentiront prêts, quand ils en auront besoin et envie.

Là, je sens que vous vous dites que je suis une HandwritingB1grande idéaliste. Ils ne vont avoir envie que de jouer au football dans le jardin et faire des dessins. Peut-être certains, peut-être au début.
Mais.. Ils vont avoir envie. Peut-être pas au moment fixé dans les programmes de l’Education Nationale. Les enfants qui ne sont pas scolarisés (en « unschooling »), dans un milieu où des adultes sont à l’écoute, apprennent sans qu’on leur dise à 9h05 de s’assoir et de faire l’exercice p146 sur les épithètes et attributs, ils posent des questions, ils s’intéressent..Rien que ce matin, « M » quatre ans a demandé un mot qui commençait par « KL » car elle venait d’écrire ces deux lettres, nous avons cherché ensemble dans le dictionnaire et elle a jubilé quand nous avons trouvé « klaxon » Pourtant aucun adulte ne lui a imposé ou même proposé d’écrire. Elle a ensuite passé au moins deux heures devant son cahier à griffonner.

Sudbury IMG_2096est une école américaine fondée il y a plus de cinquante ans où les apprentissages ne sont pas imposés, on peut y lire parmi les témoignages cette anecdote. Une douzaine d’enfants de 9 à 12 ans sont un jour venus voir un membre de l’équipe et lui ont demandé d’apprendre l’arithmétique. Le membre n’a pas trouvé cela très crédible mais leur a promis de leur donné des cours à condition qu’ils soient à l’heure. Ils sont venus à chaque cours et ont appris en quelques mois l’équivalent de six années de mathématiques.

Peut-être que cette maman qui a appris l’orthographe avec son instituteur l’a appris à ce moment-là parce qu’elle en ressentait le besoin ou peut-être le craignait-elle. Mais est-ce que tous les enfants de sa classe ont appris l’orthographe aussi bien qu’elle durant ces deux années ? Et est-ce qu’en chemin,  leur estime de soi et leur créativité sont restées intactes ?

Un enfant qui n’a pas envie pourra passer des années et des années à faire des exercices de grammaire sans être capable d’écrire sans erreurs. Un enfant de CM2 écoute 8 minutes sur une heure de classe, nous avait confié un inspecteur de l’Education Nationale proche de la retraite.

Mais la grammaire, c’est beaucoup moins intéressant que l’arithmétique, me disait cette maman. Pour savoir combien valent ces Legos quand il y a 20% de rabais sur toute la boutique, l’arithmétique est bien utile ; pour écrire un texte, à part quelques règles de base*, le reste de la grammaire n’est pas nécessaire, d’ailleurs dans les pays anglo-saxons, elle n’est pas enseignée : le maniement et la pratique linguistique suffisent.

écriture enfantPas de devoirs, pas d’articles indéfinis à souligner en bleu,..Alors concrètement comment allons-nous faire ?

Bernard Collot dans un article que j’aime beaucoup «Education, école, en faire moins, regarder et écouter plus,la leçon d’un apiculteur   » écrit dans une note : En ce qui concerne l’orthographe, un des trucs les plus simples était celui-ci : pour une ou deux erreurs seulement (les autres je les corrigeais, sinon écrire devenait une corvée) je lui faisais barrer ce qu’on appelle un groupème, exemple « les enfant », je le réécrivais dessous « les enfants », et il le réécrivait une seconde fois à son tour. Au bout de deux ou trois fois c’était fini, il n’y avait plus d’erreurs de pluriel : sa main et son cerveau  avaient fait bien plus que toutes mes explications ! Cela, je l’avais découvert en les observant s’essayer à écrire quand ils ne savaient pas bien écrire. J’enlevais une brindille ! »**

Et l’enfant qui adore jouer au football aimera sans doute apprendre à lire pour consulter des informations à ce sujet ; il lui sera bien utile aussi de savoir écrire pour s’inscrire à un club ou encore souhaitera-t-il participer au blog de l’école et y écrire quelque chose sur un match. Avec des fautes d’orthographe au début que nous corrigerons ensemble. Il n’aura sans doute pas envie de jouer au football toute la journée pendant des années, il aura d’autres centres d’intérêts. Il voudra peut-être écrire un poème à son amoureuse, une carte postale à son grand-père, et ces personnes chères méritent bien un texte sans erreurs. Peut-être qu’il souhaitera participer à l’échange de correspondance avec une autre classe. Il y a tant d’occasions d’écrire. Inventer un manga, envoyer une invitation d’anniversaire, ses vœux ou des condoléances, écrire le compte-rendu de la réunion de l’école, envoyer un email pour organiser une excursion,…

Alors l’orthographe et la grammaire ? Ecrire, être corrigé, se corriger ; écrire en voulant respecter les normes, parce qu’on en ressent le besoin.

 


 

*En voici quelques-unes : on met un « s » quand il y a plusieurs choses, on met « ent »à la fin du verbe quand il y a plusieurs personnes, on écrit « er » quand on peut remplacer par prendre et »é » quand on peut remplacer par « pris », on met « ses » quand cela appartient à la personne…

**Cet article « Orthographe et Simplexité » de Bernard Collot également donne également de nombreuses pistes de réflexion : http://education3.canalblog.com/archives/2014/12/08/31097742.html




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