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Semaine 10 – Début d’un échange intergénérationel, programmation et création

Ce lundi, nous avons reçu Sarah G, qui s’occupe d’une maison de retraite locale. En effet, nous envisageons des échanges aussi réguliers que nos emplois du temps respectifs nous le permettront, afin de favoriser les liens intergénérationnels, si importants à nos yeux. Les relations humaines sont le ciment de la société et nous souhaitons donc tisser des liens sociaux, créer des opportunités de passation des savoirs, d’entraide et/ou simplement de bons moments qui fabriqueront du souvenir, aux uns et aux autres. Ces échanges entre l’école et la maison de retraite permettront à tous de se retrouver autour de jeux et de chansons et plus tard peut-être de projets communs.

Mardi, nous avons lancé un petit débat sur la question « pourquoi les avions volent-ils ? » Les enfants ont tenté d’apporter leurs réponses -plutôt pertinentes d’ailleurs- que nous avons enrichies deux jours plus tard.

« See you later, alligator » a été chantée puis répétée par les enfants au cours de cette même journée. Cette expression informelle utilisée pour dire au revoir est inspirée d’une chanson populaire des années 50 : Marina l’a apprise aimg_20161124_093821ux enfants.

Les plus grands sont allés à la médiathèque emprunter des bandes-dessinées et d’autres livres, découvrant l’endroit pour la première fois pour certains.

Peinture des bougeoirs, fabrications de personnages en pâte Fimo, de boules de neige : nous poursuivons nos préparatifs pour notre petit marché de Noël. Un calendrier de l’Avent en cubes multicolores est désormais présent dans la classe, des enfants  en ont assemblés des patrons, les ont peints et M.,10 ans, l’a finalisé.

Cette dernière a également appris à plusieurs enfants les secrets de Scratch, un logiciel libre conçu pour initer les élèves dès l’âge de 8 ans à des concepts fondamentaux en mathématiques et en informatique. Il repose sur une approche ludiquimg_20161122_095120e de l’algorithmique, pour les aider à créer, à raisonner et à coopérer.

Vendredi matin, le papa de G et la maman de K sont venus nous aider, leurs interventions ont été très appréciées : la maman de K. avait apporté tout son matériel, du pistolet à colle aux paillettes pour réaliser des boules de neige et lors de la réunion, K. 7 ans et demi a remercié le papa de G. pour le morceau de musique qu’il avait joué au piano. En parlant de piano, M. 5 ans et O. 4 ans et demi, poursuivent leur apprentissa
ge de chants de Noël avec parfois de plus jeunes, comme cette semaine E. 3 ans, qui s’y essaient aussi

Et bien sûr, la frénésie des échecs continue, entre apprentissage de nouveaux coups et parties libres !

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Dans notre compte-rendu de la réunion du 12 novembre nous vous avions parlé de Noël, du fait que nous resterions aussi « neutres » que possible, pour le respect de chacun. Nous partageons touefois avec vous une petite liste d’ouvrages qui nous semblent intéressants.

A partir de 3 ans, livres sans père Noël :

  • Le Noël de Balthazar de Caroline Fontaine-Riquier
  • Noël de Stéphanie Ledu
  • Agathe ne croit pas au Père Noël de Catherine Dumonteil-kremer

A partir de 5 ans et jusqu’à 8-10 ans, légendes et traditions :

  • Le petit livre de Noël de Dominique Foufelle
  • TOUS LES NOELS DU MONDE de Audrey Guiller
  • Noël : Histoire et traditions de Marie-France Noël



Semaine n°3

Cette semaine, un engouement pour les volcans s’est propagé parmi les enfants.

En se promenant dans la classe, on pouvait entendre : « regarde cette éruption et ces coulées de lave ! » Et toi, regarde ma chambre magmatique !  »

Un diaporama sur cette vulcanomania :

La semaine fut riche aussi en autres activités, découvertes, jeux, apprentissages…

Alors un deuxième diaporama s’impose !

Vendredi nous avons eu notre réunion journalière.  Nous avons discuté de la future décoration de la salle de repos, afin qu’elle soit un endroit accueillant où il est possible de venir quand on en ressent le besoin. Des étoiles ! Une lune !  La reproduction d’un tableau : les enfants ont eu de nombreuses idées. Adélaide souhaiterait y mettre un fauteuil ou un petit canapé…A suivre !

K. nous a donné le montant du budget qu’il restait après l’achat des ingrédients pour l’élaboration du gâteau en forme de volcan et nous avons évoqué de futurs achats.

Nous avons récemment accueilli deux garçons, A, 8 ans et G, 6 ans. Welcome to them !

 

 




Mais tous ces âges mélangés, comment allez-vous faire ? Vous n’avez pas peur que… ?

Depuis le début du projet, presque toutes les familles que je rencontre s’inquiètent du mélange des âges dans cette école.

« Ce n’est pas rassurant du tout ! Avec tout ce harcèlement scolaire de nos jours… » « Comment les plus âgés peuvent-ils s’épanouir et apprendre avec des petits ? » N’est-ce pas dangereux pour les plus petits d’être avec des plus âgés qui peuvent être violents ? Comment allez-vous pouvoir vous occuper des plus petits ? Comment allez-vous pouvoir assurer les apprentissages des plus âgés ?  Auront-ils assez de copains de leur âge ? Et le brevet ? Et le bac ? »

Si vous avez d’autres questions que je n’ai pas recensées, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire !

Mon conjoint me dit que j’ai tendance à prêcher les convertis (bien que cette école soit totalement laïque !) Je vais essayer dans cet article de ne pas le faire, mais je serai ravie d’avoir des retours de personnes qui ne sont pas du tout convaincues.

D’abord quelques questions à mon tour ! Pensez-vous qu’une maitresse dans une classe avec trente enfants du même âge, disons 3 ans, parfois sans ATSEM (personne qui aide pour les plus jeunes) puisse réellement accorder à chacun suffisamment d’attention ? Pensez-vous qu’un adolescent de quinze ans va davantage frapper un enfant de trois ans qu’un autre enfant de trois ans ? Pensez-vous qu’une cour de récréation bondée avec plusieurs centaines d’élèves en même temps et du même âge soit un havre de paix ? N’avez-vous que des amis de votre âge ? Pensez-vous que c’est le fait de n’être qu’avec des adolescents du même âge qui va favoriser leurs apprentissages ?

Je vous laisse réfléchir un peu…

Et maintenant, je vais essayer de répondre à toutes les questions soulevées par les familles.

photo frère soeur

1- C’est en observant des plus âgés et pas seulement des adultes, mais des enfants ou adolescents juste un peu plus âgés, (la théorie de la zone proximale de développement) que le sens des apprentissages se fait, que l’envie et la curiosité naissent. C’est en expliquant à des plus jeunes qu’on apprend également.

2-Nous souhaitons prodiguer un environnement secure, où chacun se sent bien et donc avancer ensemble pour davantage de coopération, cela signifie qu’il ne sera pas acceptable que des élèves harcèlent ou tapent d’autres élèves quel que soit leur âge. Cela ne signifie pas que la classe sera exempte de conflits mais notre priorité sera de travailler ensemble à gérer ces conflits, vers davantage d’empathie et de respect des besoins de chacun.

3-Les enfants du même âge ont souvent les mêmes besoins, ainsi un adulte éprouve davantage de difficultés à être disponible pour des enfants du même âge. Par exemple, si j’ai dix enfants de trois ans qui ont besoin d’aide pour éplucher leur orange, je pourrais bien sûr les aider chacun à leur tour, mais je serais plus disponible s’il y a aussi des enfants plus âgés qui savent le faire seuls, qui le montrent aux plus jeunes ou les aident également. Inversement, pendant que les plus jeunes font la sieste ou jouent avec du sable dehors sous la surveillance d’un adulte, je serais plus disponible pour travailler avec des adolescents sur un projet de robotique, un projet de stage en entreprise ou même la préparation ou le bachotage du brevet ou du bac. Par ailleurs, je ne serai pas la seule référente ou encadrante.

4- En effet, c’est une école où les adultes seront plus nombreux que dans une école classique, avec des parents bénévoles, des retraités et de jeunes adultes (volontaires anglophones, en service civique, …) donc les adolescents pourront eux-même observer des plus âgés.

5- Concernant le manque de copains du même âge, j’ai pu remarquer que les affinités ne se faisaient pas seulement par âge mais suivant la personnalité, ainsi un enfant de quatre ans et un enfant de neuf ans peuvent être très amis ou encore un adolescent de quinze ans et un enfant de neuf ans peuvent partager une même passion.

Par ailleurs, certains enfants et adultes se font des copains de tous âges où qu’ils aillent et d’autres pas du tout, peut importe la taille du groupe, il s’agit encore d’une question de personnalité (et peut-être de confiance en soi ou de relations difficiles avec les autres, deux points que nous souhaitons travailler à Nectarine) Enfin, je comprends que les adolescents souhaitent plus que les enfants avoir des « potes » de leur âge. L’école sera ouverte aux enfants et adolescents instruits en familles qui viendront à temps partiel, ce qui agrandira le nombre de copains potentiels. Rien n’empêche non plus d’avoir des amis en dehors de l’école. Combien de temps effectif passe-t-on avec ses amis au collège ? Le temps de deux récréations et le temps de la pause déjeuner soit une heure et demi en moyenne. A Nectarine, les adolescents (peut-être une demi-douzaine au début et plus par la suite) pourront mettre en oeuvre des projets donc être réellement ensemble.

Et nous serons toujours ouverts à des demandes d’ouverture, d’échanges, par exemple organiser des clubs avec d’autres adolescents en fin de journée, faire des échanges avec une autre école française ou étrangère où d’autres adolescents seraient accueillis dans l’école.

6- Enfin, concernant les apprentissages, nous avons tous à l’esprit le collège avec plusieurs professeurs et des disciplines cloisonnées, est-ce une nécessité ? Il est possible de faire des mathématiques en travaillant sur le budget d’un projet, celui de la classe, faire de la géographie avec des correspondants  (j’adore le site postcrossing où on peut envoyer et recevoir des cartes du monde entier) Quant au brevet, des annales, des explications, des exercices, de la motivation et le tour est joué. Le baccalauréat peut également se préparer ainsi, en bachotant et en ayant un objectif (devenir médecin par exemple, le film « Etre et Devenir » montre comment des enfants qui ne sont jamais allés à l’école sont entrés dans de grandes écoles) et il n’est pas une obligation : être maçon ou chef cuisinier ne nécessite pas de le passer. Pour des disciplines spécifiques, si l’élève en a besoin, un adulte peut aider (par exemple, un bénévole qui a fait des études de physique-chimie, moi avec ma maitrise de philosophie,…) Vous me direz qu’il est de tout de même plus riche de bénéficier d’un professeur qualifié et expérimenté pour chaque discipline mais c’est là que nous changeons totalement de paradigme : nous considérons qu’il est plus riche que chaque adolescent soit responsable et acteur de sa vie et de ses apprentissages et que créer son propre site Internet voire son petit commerce en ligne, une nouvelle recette de cuisine ou lire l’intégralité des oeuvres de Camus sont des expériences qui lui permettront tout autant de trouver sa voie que de préparer le bac.

7- Il n’y aura donc pas de tranche d’âge « sacrifiée », les besoins de chacun seront pris en compte.