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17 centimètres (ou plutôt 12)

Afin de réaliser le projet, nous savions que le plus long serait l’obtention du permis de construire, mais nous ne savions pas que cela allait être si complexe.

Le permis avait été déposé début novembre, nous l’avons obtenu le 25 mai. La mairie soutenait et soutient le projet, nous devions recevoir le dossier vers mars-avril. Pourquoi donc tant de lenteur ?

Après avoir fait le tour d’une demi-douzaine d’administrations, qui souvent réclamaient des pièces supplémentaires, la demande de permis de construire a fini par être refusée par Toulouse Métropole. Raison : les conteneurs dépasseront d’une dizaine de centimètres la toiture voisine des deux côtés. (17 cm qui se sont révélés être plutôt 12 et qui ne dérangent absolument pas le voisin)

L’adjoint au maire responsable de l’urbanisme a donc proposé deux solutions : creuser le sol pour que les conteneurs ne dépassent plus ou attendre que les délais soient dépassés et obtenir un permis de construire tacite. Nous avons choisi la première solution, car un permis tacite n’est pas une bonne chose pour une école. Cette deuxième solution devait être un peu plus coûteuse mais nous permettre d’éviter d’éventuels contentieux.
Nous avons donc démoli, les fondations devaient être réalisées en début de semaine dernière et les conteneurs commandés livrés d’ici deux semaines afin de pouvoir commencer les travaux à l’intérieur.
Cependant, deux jours après la fin de la démolition, l’architecte nous a appris qu’un radier devait être construit. Ce type de fondation coûte entre 6000 et 12000 euros, surcoût qui n’était pas budgeté puisque nous devions garder la dalle existante.

dépassement 17cm
Le même jour, l’entreprise s’occupant de la modification des conteneurs nous a informé que le délai pour créer les différentes ouvertures serait de plus d’un mois et non de quelques jours comme la personne nous l’avait mentionné lorsque nous étions allés les choisir.

Nous avons dû suspendre la commande des conteneurs et les travaux, le temps d’examiner tous les devis et de décider ce qui était fondamental. Par exemple, la porte donnant directement sur le parking pourra être réalisée dans un deuxième temps, l’accès pouvant se faire provisoirement via la rue ; les aménagements intérieurs (toilettes et autres) peuvent être réalisés avec une partie du montant récolté par la campagne de financement participatif, nous achèterons du matériel pédagogique neuf au fur et à mesure. Beaucoup d’écoles ouvrent dans des locaux très modestes, dans une petite maison ou un local prêté. Nous avons déjà la chance d’être sûrs que les locaux ne nous seront pas retirés (comme cela arrive pour des calandretas en ce moment) et l’espoir de les améliorer progressivement.

Malheureusement, ces retards se répercutent sur la date d’ouverture de l’école. En effet, si conteneurs sont livrés courant juillet, les artisans ne travaillant généralement pas ou peu en août,  les derniers travaux devront être réalisés début septembre.

Dès que possible, les familles seront informées de la date précise de la rentrée. En cas de retard de plus de deux semaines, l’école sera ouverte toutes les vacances de la Toussaint.

Nous allons réfléchir également à des propositions d’organisation pour le mois de septembre comme la mise en place d’ateliers tous les matins dans la salle actuelle et de sorties l’après-midi, d’accueillir le plus tôt possible les enfants dont les parents travaillent,…La réunion du 25 juin avec les familles pré-inscrites sera aussi l’occasion de faire le point sur les souhaits et besoins de chacun.




Le prix (ou pourquoi l’école sera payante et que je serai bénévole)

Je reçois régulièrement des commentaires des personnes qui s’indignent sur le prix de Nectarine. Mais c’est horriblement cher ! Ce n’est que pour les riches ! Ce n’est pas normal ! Que faites-vous avec tout cet argent ???

Je propose donc aujourd’hui de prendre le temps de répondre de façon détaillée à ces critiques et questionnements.

Le coût d’un an de scolarité en France est de 8320 euros par élève, (chiffres de 2013) hors foncier, c’est à dire qu’un élève coûte au contribuable le double de ce qu’un élève coûtera à chaque famille à Nectarine (soit 4320 euros)

Pourtant, dans l’Education Nationale, le taux d’encadrement est d’environ un professeur pour 25 élèves, avec des classes pouvant aller jusqu’à 33 élèves dans certaines maternelles que je connais. Il sera d’un encadrant pour 10 élèves et Nectarine sera bilingue en immersion, ce que n’offre pas l’Education Nationale.

L’état ne verse aucune subvention à une école indépendante hors contrat. Les écoles privées sont en majorité sous contrat, c’est à dire que les salaires des professeurs sont payés par l’Etat, ces professeurs passent pratiquement les mêmes concours que pour le public et ces écoles doivent respecter les programmes. Elles sont donc privées mais ne sont pas indépendantes ou lenfant-pauvre-unicefibres. Lorsqu’une école se crée, elle peut demander à passer sous contrat au bout de cinq ans, mais survivre cinq ans, c’est long et cela signifie perdre une partie de sa liberté.

Une école indépendante doit donc payer les salaires de son personnel, le salaire reçu plus les charges salariales et les charges patronales (ce qui double le coût pour l’école), elle doit également payer le loyer et les différentes charges (électricité, eau, chauffage, assurance, banque,…) Elle doit aussi financer la mise aux normes du bâtiment (toilettes et accès handicapés notamment) ce qui est très onéreux.

C’est la raison pour laquelle la plupart des écoles indépendantes demandent environ 400 euros par mois. Vous trouverez des exceptions, avec des écoles où les parents assurent bénévolement la moitié de l’encadrement, avec des écoles dans des endroits où le coût du foncier est très bas, ou encore (encore plus rarement) des écoles qui ont récolté suffisamment de dons, grâce à un mécène ou autres. Le bénévolat assuré par les parents implique une grande disponibilité de leur part et ne rend pas l’école gratuite sauf si aucun encadrant n’est rémunéré. Les dons doivent être très réguliers et importants pour que l’école puisse compter sur eux. Par ailleurs, la recherche de financements est un travail très prenant et qui nécessite souvent des qualifications.

En France, nous sommes habitués à que l’éducation soit gratuite. Ainsi, cela ne choque personne de payer ses vacances, son loyer, une voiture, un abonnement téléphonique,…Certaines familles ne peuvent vraiment pas payer le coût d’une scolarité, d’ailleurs nous mettrons en place des bourses dés que possible ; pour d’autres c’est une question de choix et de priorités. J’ai vu certaines familles baisser drastiquement leurs dépenses (en vêtements, sorties, vacances, bien matériels divers) parce qu’inscrire leur enfant dans une école différente leur tenait à coeur.

En tant que créatrice de cette école, je fais des choix financiers. Nous empruntons 76000 euros sur 20 ans, toutes nos économies passent dans le projet, je travaillerai bénévolement à temps plein pendant au moins un an  ainsi que toute cette année où je mets en oeuvre le projet et je compterai jamais mes heures. Les risques ne sont pas négligeables comme tout projet. Mais je suis heureuse de ces choix !

Par ailleurs, Diana, qui travaillera comme encadrante anglophone à temps plein, ne sera pas payée davantage que le SMIC.

J’espère qu’un jour, l’Etat permettra à chaque famille de choisir une école pour leur enfant, indépendamment des conditions financières, pour l’instant ce n’est pas le cas.  Cependant, de plus en plus d’écoles différentes voient le jour, et c’est leur succès qui pourra permettre de se positionner en tant que citoyens pour que l’Education Nationale perde son monopole et que l’innovation soit vraiment possible en son sein.

En attendant, nous espérons votre soutien, en contribuant à notre campagne de financement ici 

Merci à tous !

 

 




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