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Transmettre sa culture ?

Votre école ne va donc rien transmettre aux enfants ? M’a-t-on demandé. C’est à dire ? Si vous ne leur imposez pas d’apprendre par coeur des leçons d’histoire, des poèmes, les règles de grammaire et d’orthographe ? Ils n’auront donc aucune culture ?

Cette question est tout à fait légitime et j’aimerais y répondre plus amplement que dans les questions-réponses, d’autant plus qu’elle alimente de nombreux débats et polémiques. Un livre notamment, Les déshérités ou l’urgence de transmettre, de Francois-Xavier Bellamy, est paru l’année dernière, livre dont je ne partage pas tout à fait le point de vue.

Il est impossible de rien transmettre. Un adulte transmet à un enfant, qu’il transmette le théorème de Pythagore en lui demandant de faire trois exercices tous les soirs à la maison ou sa passion pour « Plus belle la Vie » quand il regarde la série et en parle avec animation à ses connaissances. Il transmet. Des connaissances, des comportements, des passions, des émotions..

Donc nous allons transmettre dans cette école. Par notre propre attitude tout d’abord. Par les passions que nous souhaitons partager. Je me souviens d’une professeur au lycée qui était arrivée un matin en nous expliquant qu’elle s’était endormie à 4h du matin parce qu’elle avait absolument voulu terminer le roman de Paul Auster qu’elle était en train de lire. J’avais déjà la passion de la lecture mais elle m’a donné très envie de lire Paul Auster, ce que j’ai fait quelques jours après. Alors que les textes à décortiquer et à apprendre par coeur pour le baccalauréat de français cette année-là, je ne m’en souviens pas ou presque. J’ai entendu beaucoup de gens me dire qu’ils n’avaient pas du tout aimé les livres qu’on les avait forcés à lire à l’école mais que dans un autre contexte, à un autre moment, ils auraient pu les apprécier.

transmettreTout être humain transmet sa culture depuis l’apparition de l’homme ou presque. Les pédagogies dites « actives » (Montessori, Freinet,..) ne s’en affranchissent pas : allez dans une classe Montessori, vous y verrez une reproduction de tableau et vous y entendrez souvent de la musique classique.

Bien sûr qu’un matin,  j’arriverai avec un poème de l’Antiquité.

La différence avec une école traditionnelle est que je demanderai aux enfants s’ils veulent que je le lise. Que je pourrai le lire dans le jardin, qu’un enfant pourra aussi arriver avec un texte et le lire. Que je ne demanderai pas de souligner les propositions subordonnées conjonctives complétives en bleu dans ce poème. Qu’on pourra le lire et l’envoyer à quelqu’un si on veut. Que si un enfant l’aime, je le relirai encore. Il pourrait aussi aller le lire seul, même l’apprendre s’il a envie. Qu’il pourra le recopier pour le garder en souvenir. Ou qu’il préférera retourner à la fabrication de son robot.

Et les règles d’orthographe ? Et le latin ? Pour ma part, je suis convaincue que l’orthographe du français devrait, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres langues, être simplifiée, mais ceci est un autre débat. En attendant, à partir du moment où un enfant voudra écrire pour une raison ou une autre (pour imiter un plus grand, pour envoyer un email, une lettre à un correspondant, un manga, un discours…), il comprendra qu’une norme existe pour qu’il puisse être lu et compris, et progressivement, il s’y mettra. Mais à son rythme, sans passer ses soirées sur des exercices de grammaire. Pour les enfants dont la mémoire visuelle est forte, lire beaucoup aide à fixer l’orthographe. Concernant le latin, je pense qu’il est important de le proposer, à un moment ou l’enfant ou l’adolescent serait susceptible d’être intéressé et prêt, de la même manière que proposer la menuiserie peut-être pertinent ou pas.

Pendant la rédaction de cet article, j’ai montré à ma fille de bientôt 4 ans ce qu’était un rouet pace qu’elle voulait savoir ce que c’était, on a discuté de la façon dont il était possible de mettre des paillettes dans un stylo (elle pense qu’il faut une usine, une machine et du colorant) , on a vérifié que sa feuille était bien une feuille de platane. Mais aussi que 300, c’était 3 fois tout son boulier. Elle a demandé combien faisait 3 fois 10,  a compté jusqu’à 29 avec une aide pour 17, a commencé à se fâcher parce que vingt-dix n’existait pas… Le tout en pyjama. (Un article sur le pyjama très bientôt…) Je n’ai rien imposé, j’ai transmis pourtant.

 

 

 

 

 

 

 




Venue de Mitsiko Miller du projet « Famille en harmonie »

J’ai le plaisir de vous annoncer la venue de Mitsiko Miller du projet « Famille en harmonie » sur Toulouse.

Nectarine et La Découverte l’accueillent pour une conférence le 31 octobre de 16H à 18H à La Baleine, une salle qui n’est pas seulement une salle mais une véritable sculpture à Plaisance du Touch.  Un atelier aura également lieu le 1er novembre à Auzeville à l’école La Découverte.

Mitsiko Miller propose une approche bienveillante de l’éducation, avec des ateliers, des formations et des conférences au Canada et à travers le monde mais aussi de nombreux articles sur son blog.

Nectarine partage sa vision de l’enfance et de la parentalité mais également de l’école : « Je souhaite que des nouvelles écoles plus humaines, plus petites, plus vivantes poussent partout et amènent un nouveau souffle qui se concentre sur la joie d’apprendre. »écrit-elle ici.

Vous trouverez dans l’affiche les informations. Pour inscrire, rendez-vous sur ce lienhttps://www.helloasso.com/associations/ecole-la-decouverte/evenements/conference-pourquoi-la-parentalite-positive

 

affiche Mitsiko

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Voici également cet extrait de son article « Pour une éducation nouvelle »

L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE: MES ASPIRATIONS

  • Une reconnaissance que chaque enfant est unique, ainsi que son style d’apprentissageUne reconnaissance que les enfants ont besoin de se sentir aimés, et émotionnellement et physiquement en sécurité pour s’épanouir et apprendre.
  • Un enseignant guide tout en laissant savoir que les enfants sont importants et valorisés, que leurs besoins sont pris en compte émotionnellement, physiquement et intellectuellement
  • Une reconnaissance que l’autodétermination est comment les enfants intègrent l’apprentissage de façon significative. Nous gagnons beaucoup à être de «facilitateurs de la connaissance» plutôt que de prêcheurs. Je crois que les enfants peuvent vraiment apprendre lorsqu’ils ont l’espace et la confiance d’explorer leur environnement lorsque les erreurs ne sont qu’une étape d’un processus et une opportunité d’intégrer davantage
  • Plus de compassion, de cercles restaurateurs et de dialogue empathique dans les familles, écoles et communautés pour soutenir la collaboration, encourager l’estime de soi, le sens, la coresponsabilité et la croissance interpersonnelle chez les enfants et les éducateurs
  • La clarté et un sens de la co-création pour que chaque membre de la communauté – enfants, familles, enseignants, écoles et autres membres – voient comment ils peuvent contribuer à soutenir l’apprentissage de tous
  • Un espace où la sécurité émotionnelle est gérée avec efficacité et soin: où les enfants et adultes peuvent dialoguer dans un souhait de restaurer l’entente mutuelle et apprendre à communiquer de manière collaborative « 



Projet d’école : projet éducatif, estimation des travaux, rencontres à la mairie…

Des petits enfants qui marchent sur une route © Jake Olson

Des petits enfants qui marchent sur une route © Jake Olson

Depuis le dernier article concernant les travaux il y a moins d’un mois, voici les dernières avancées du projet.
Nous avons rencontré avec l’architecte l’adjoint au Maire de Tournefeuille concernant le bâtiment. Celui-ci trouve le projet très intéressant mais souhaiterait que nous ayons bien l’accord de notre voisin Simply Market pour une porte donnant sur leur parking et non sur la rue.
J’ai rencontré l’élue à l’éducation et la petite enfance de la ville à qui j’ai présenté le projet.
La direction juridique de Simply Market nous a envoyé un courrier avec son accord pour une porte donnant sur son parking (ce qui facilite et sécurise l’accès)

Seule nouvelle moins positive : la construction du bâtiment devrait dépasser de 10 à 15% l’enveloppe prévue. Nous attendons l’estimatif plus précis des travaux. Nous avions prévu des panneaux solaires pour la toiture, il était possible de la financer ainsi, il semblerait que cela ne soit plus le cas.

Le projet éducatif est désormais en ligne ainsi qu’une brochure de présentation et quelques éléments du site sont traduits en anglais.

Prochaines étapes : trouver des partenaires (parrains, financeurs) et accroitre notre visibilité, trouver un ou une anglophone intéressée par le projet pour nous aider (échanges de services : cours de français ou autre), planifier des réunions d’information pour septembre et avoir plus de visibilité sur la planification et le coût des travaux.

En parallèle, les ateliers Nectarine sont appréciés et souvent complets, nous cherchons des intervenants sur tous domaines (de la robotique à la couture, du yoga à la menuiserie) si vous voulez participer à l’association, vous êtes les bienvenus. J’ai rencontré le responsable « associations » de la mairie et nous devrions être présents lors du forum de Tournefeuille en septembre…

 




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